Histoire de l’Afrique ancienne


Et si les civilisations africaines les plus originales n’épousaient pas les formes sous lesquelles on les reconnaît d’ordinaire ?


Dans son dernier ouvrage, L’Afrique ancienne, de l’Acacus au Zimbabwe, 20 000 ans avant notre ère – XVIIe siècle (Belin, 2018), l’historien et archéologue François-Xavier Fauvelle a réuni d’éminents spécialistes autour d’un des chantiers les plus novateurs en recherche historique. Récemment nommé à la tête de la première chaire permanente consacrée à l’histoire du continent africain au Collège de France, François-Xavier Fauvelle relève un défi : « Faire de toute trace une source d’histoire. » Les sources écrites en histoire africaine ne produisent pas d’illusion continuiste, qu’elle soit chronologique, géographique ou identitaire, parce que ces sources sont totalement fragmentaires. L’archéologie, dans cette approche, n’est plus une science annexée à celle de l’histoire : partir des matérialités permet de travailler avec une maille documentaire extrêmement riche.

Les matérialités imposent leur temps, qui est celui de leur matérialisation. Parlant depuis l’avenir, elles exigent que le récit sur le passé leur réserve une place. Bien sûr, ce régime particulier crée une responsabilité, dont se sont longtemps affranchis les fouilleurs de temple à l’école orientaliste, les archéologues de l’époque coloniale […]

Pictographes datant du Néolithique dans la grotte des Nageurs. située sur le plateau Gilf al-Kabir dans le désert Libyque, à l’est du Sahara. Photo : Roland Unger, wikipédia.

Continent documentaire à elles seules, les langues vivantes de l’Afrique, les langues parlées par les sociétés africaines actuelles constituent également un matériau remarquable pour l’histoire.

Pour François-Xavier Fauvelle, éclairer l’Afrique des millénaires avant le présent, « c’est inviter les sociétés de l’Afrique ancienne au titre de leur participation aux interconnexions globales et de leurs contributions non moins fondamentales à la diversité, aux possibles du monde ».  

Loin des clichés, c’est dans cette somme inédite, où se révèlent « plusieurs continents d’histoire », que François-Xavier Fauvelle nous convie à découvrir les milliers de peintures des grottes de Gilf Kébir datant de 5 000 ans avant notre ère, les royaumes de Kerma, Napata et Méroé, le commerce transsaharien au Moyen Âge, la diversité des sociétés pastorales, ou bien encore le Mali du sultan Mûsa.


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