Le portrait de l’étudiant guinéen


La vie étudiante en Guinée est notamment marquée par : (i) la généralisation des bourses d’études et d’entretien dans les universités publiques guinéennes ; (ii) le financement des bourses d’études dans les institutions d’enseignement supérieur privé et (iii) la fin des logements pour étudiants dans des campus dédiés à cet effet depuis une trentaine d’années.

Le portrait de l’étudiant guinéen en 2016, une étude réalisée par Pr. Alpha Amadou Bano BARRY

Bano Barry

Pr Alpha Amadou Bano Barry (Sociologue) Enseignant-Chercheur

Les étudiants constituent la future population active d’un pays. Le nombre d’années de leur scolarisation, le dispositif pédagogique auquel ils sont soumis et l’imbrication croissante entre le temps d’étude et la vie professionnelle font des étudiants une catégorie particulière de la population tant pour leurs parents, l’Etat et la société.

Dans le cas spécifique de la Guinée, des changements importants marquent la vie étudiante. La vie étudiante en Guinée est notamment marquée par : (i) la généralisation des bourses d’études et d’entretien dans les universités publiques guinéennes ; (ii) le financement des bourses d’études dans les institutions d’enseignement supérieur privé et (iii) la fin des logements pour étudiants dans des campus dédiés à cet effet depuis une trentaine d’années.

Ces réalités imposent de porter un regard sur les conditions de vie (logements, transports, ressources et activités rémunérées, etc.), d’études (parcours scolaires, lieu de scolarisation, type d’école fréquenté, lieu d’obtention du baccalauréat, perception sur l’environnement universitaire, organisation et gestion du temps à l’université, lieu et moment de révision, utilisation de l’informatique, évaluation, qualité et honnêteté des enseignants, etc.) et gestion des loisirs (lecture, temps d’écoute de la radio et de la TV, pratiques culturelles et vie sexuelle, etc.).

L’ensemble de ces éléments ont été croisés avec les caractéristiques sociodémographiques des parents (niveau d’instruction, professions, etc.) et les données statistiques des annuaires nationaux de l’enseignement primaire et secondaire afin d’évaluer l’efficacité et l’efficience du système éducatif.

Cette étude combine et croise donc tous les aspects majeurs de la vie matérielle (ressources, logement, etc.), à la structuration de l’emploi du temps, à l’organisation et aux parcours d’études (type de baccalauréat obtenu, situation scolaire et sociale au cours de l’année de l’enquête, etc.).

Le sexe, l’âge, la formation suivie, le parcours antérieur, la situation territoriale, les origines sociales et géographiques, sont autant de variables qui ont été prises en compte dans l’étude de cette population. Ce n’est pas une, mais bien des vies étudiantes qui sont analysées dans cette étude qui dressent des tendances et inégalités qui s’en dégagent en termes de ressources, d’articulation des temps de vie et d’études, de rapport à l’avenir, mais aussi de vulnérabilités vécues et perçues.

Une étude sur la vie estudiantine est un instrument pour alimenter le débat public sur le cadre de vie des étudiants (conditions de logements, services culturels, transports, etc.) et ses liens avec l’efficacité et l’efficience du système éducatif. Elle est surtout un outil d’aide à la décision. Car développer une politique ciblée envers les étudiants suppose une bonne compréhension de leurs pratiques, représentations et besoins. Ce travail s’inscrit donc dans une approche à la fois sociologique et prospective afin d’inscrire l’action publique à destination des étudiants dans une vision stratégique plus claire.

Cette étude sur le profil, les conditions d’études et de vie des étudiants des universités et instituts de Guinée s’inscrit dans la logique des études sur le flux de la population étudiante des universités guinéennes et vise une meilleur compréhension de la population étudiante afin de cerner la situation actuelle dans l’optique d’offrir aux cohortes futures un meilleur parcours universitaire et une insertion socioprofessionnelle plus réussie, même s’il manque la dimension sur les perspectives d’avenir avec notamment la façon dont les étudiants envisagent leur insertion professionnelle, en particulier le secteur visé par cette insertion (public, privé, immigration ou à leur propre compte).

Cette étude est d’autant plus pertinente qu’elle est la première qui prend en charge autant les étudiants des universités publiques que privées, autant les étudiants de l’intérieur du pays que de Conakry. Elle est aussi d’une importance certaine pour le pays car la production des annuaires statistiques de l’enseignement supérieur reste épisodique et irrégulière avec des biais importants en raison des liens que certains des responsables des universités font entre la production des données sur les effectifs des étudiants et les subventions de l’Etat qui sont calculées sur cette base. Elle est la première et devrait susciter l’intérêt pour d’autres études sur la thématique pour suivre l’évolution, cerner les mutations et anticiper sur l’avenir.

Le rapport lui-même aborde successivement les différents thèmes inscrits dans le questionnaire. Il s’agit d’abord des caractéristiques des étudiants et de leurs parents (statut matrimonial, type de lycée et option fréquentée au secondaire, instruction et profession des parents, etc.) avec les ressources économiques et culturelles (livres, réseaux de relations familiales, etc.).

Il aborde aussi le parcours scolaire (élémentaire, secondaire et supérieur) en rapport avec le redoublement et l’orientation tant à l’intérieur du lycée (11ème, 12ème et terminale) qu’à l’intérieur de l’université (pendant les orientations et dans le cheminement au sein de l’université). L’ensemble de ces paramètres est abordé en lien avec le type de lycée fréquenté (privé et public) et l’accompagnement à domicile par la présence ou pas de « répétiteur ».

Le rapport présente aussi les perceptions qu’ont les étudiants de l’environnement (les infrastructures, les équipements, etc.) et du processus pédagogique (enseignement, interaction, soutiens, évaluation, transparence, etc.). C’est donc cette partie qui traite des conditions matérielles, les équipements et surtout le processus pédagogique.

Le rapport traite aussi de l’organisation du temps de travail à l’université en abordant par l’enseignement et l’organisation des activités pédagogiques (nombre de jours et d’heures de cours, de Travaux Dirigés et de Travaux Pratiques), le suivi ou pas des cours et les stratégies alternatives, l’organisation du temps de travail en classe, en bibliothèque, etc. Concernant les manières d’étudier, le rapport analyse l’investissement en temps studieux et les lieux de travail scolaire en faisant une différence entre l’assiduité aux cours et le temps de travail personnel consacré au travail scolaire.

Il traite aussi des loisirs comme le temps consacré à l’écoute de la radio, à regarder la télévision, à lire de journaux et à assister à des spectacles et à des activités sportives. De même, les sorties et pratiques culturelles sont présentées et analysées (cinéma, discothèque, cinéma, théâtre, etc.) et les activités pratiquées en dehors des études (musique, activités associatives etc.) le sont aussi. Une attention particulière est portée à la localisation de ces sorties et de ces activités pratiquées en dehors des études. Naturellement, une partie du rapport porte sur la vie sentimentale et les comportements sexuels des étudiants.

Une des dimensions observées porte sur l’activité rémunérée et les ressources monétaires. Les revenus monétaires sont, eux, traités sous les aspects des revenus d’activité, des aides de l’Etat (la bourse d’entretien) et l’aide familiale.

Cette partie traite en particulier de l’activité rémunérée exercée durant l’année universitaire, en distinguant le temps consacré, le type d’activité exercé et le niveau de revenu tiré de l’activité. Ultimement, l’analyse a tenté de déterminer les activités qui accompagnent et participent aux études, même si elles ne sont pas intégrées aux études, et les petits boulots et autres activités qui concurrencent les études, mais participent à l’amélioration du revenu. Un focus particulier est fait sur l’utilisation de la bourse d’entretien en déterminant les postes de dépenses afin d’éclairer, enfin, sur l’utilisation de cette dernière.

Les données sont analysées de façon globale et distinctes, de telle sorte que puisse apparaître les spécificités (chaque université, les universités de Conakry et de l’intérieur, universités privées et publiques, niveau de classe, programme, genre, etc.). Lorsque les données identiques sont disponibles dans les études, comme celle menée par l’Observatoire entre 2004 et 2008 sur le profil des étudiants de première année des universités guinéennes, et les rapports annuels des services statistiques de l’enseignement secondaire, elles ont été croisées avec celles de la présente étude pour chercher des régularités, des similitudes et des ruptures sur la durée. Une note de conclusion dégage les lignes de force en soulignant les paramètres majeurs.

RÉSUMÉ

1) Comment expliquez ces écarts dans les effectifs entre les bacheliers des différentes régions de la Guinée ?

2) Comment expliquez la forte admission des élèves des lycées privées ?

3) Comment expliquez la forte admission des élèves de sciences sociales ?

Les étudiants des universités guinéennes sont à 99% de nationalité guinéenne. L’étudiant guinéen en 2016 est issu d’une famille dont le père est scolarisé pour 58% parmi eux. Dans le cas des filles, c’est 7 filles sur 10 qui ont une mère instruite. Il est célibataire et de sexe masculin à 76%. Lorsque l’étudiant est de sexe féminin, on le rencontre en nombre plus important à l’ESTH, à l’UKAG, à l’UNC et, dans une moindre mesure, à l’ISAG de Dubréka.

Cet étudiant est fils d’un agent de l’administration publique ou privée et/ou commerçant, lorsque tel n’est pas le cas, son tuteur l’est. Les 3 étudiants sur 10 qui sont des fils de « Paysans, Planteurs, Pêcheurs et Eleveurs » sont, plus souvent qu’autrement, de sexe masculin et ont comme tuteur, pour la moitié d’entre eux, des agents de l’administration publique et/ou privée et pour l’autre moitié, des « Commerçants, Entrepreneurs et autres professions libérales ».

Ces données permettent de dire que les 80% de la population guinéenne (la proportion estimée des « paysans, planteurs, pêcheurs et éleveurs ») scolarisent pour le tiers des étudiants. Par contre, les moins de 200 000 agents de l’administration publique et du secteur privé (autour de 0,05% de la population active) scolarisent plus du tiers des étudiants. Cette reproduction sociale se renforce par le fait que l’étudiant guinéen est aussi une personne qui a des frères et/ou des soeurs qui ont déjà fréquenté l’université. On pourrait, à la suite de Bourdieu, dire que le système éducatif guinéen est reproducteur des inégalités.

L’étudiant guinéen en 2016 vit en famille à 63% (au sens africain du terme). S’il est en location, il est de sexe masculin. S’il est de sexe féminin en location, l’intéressé vit sous le toit de son époux ou en concubinage avec un étudiant de sexe masculin surtout à l’ISAG de Dubréka.

Un étudiant sur deux en 2016 à eu un répétiteur au primaire, surtout s’il a étudié au primaire dans une école publique ou alors s’il est de sexe féminin. Deux étudiants sur trois n’ont pas eu de répétiteur au collège, mais deux sur trois en ont eu en terminale.

L’étudiant dans les universités guinéennes en 2016 a obtenu son baccalauréat soit à Conakry, soit dans un lycée privé et il provint des sciences sociales. Un peu plus du tiers (36%) des étudiants des universités guinéennes ont eu leur baccalauréat à Conakry et 20% dans les autres préfectures de Basse Guinée, surtout à Kindia ; 20% en Guinée Forestière ; 14% en Haute Guinée et 8% en Moyenne Guinée.

Les étudiants rencontrés ne proviennent pas seulement de certaines régions du pays, ils ont eu leur baccalauréat dans les lycées privés avec plus de 55% des étudiants d’entre eux. Pourtant, les données des annuaires du secondaire entre 2011 et 2016 montrent que les élèves scolarisés dans les lycées privés représentent 37% des effectifs du secondaire, mais 61% des effectifs du secondaire dans la ville de Conakry.

C’est aussi 53% des étudiants des universités qui proviennent des sciences sociales. Pourtant, les étudiants qui proviennent des « Sciences sociales » au lycée étaient 50% des effectifs du secondaire lorsqu’ils étaient en 11ème année, 51% en 12ème année et 53% en terminale.

1) Comment expliquez ces écarts dans les effectifs entre les bacheliers des différentes régions de la Guinée ?

2) Comment expliquez la forte admission des élèves des lycées privées ?

3) Comment expliquez la forte admission des élèves de sciences sociales ?

Pour répondre à la première question, il est possible de suggérer que les annuaires du secondaire, tel que publiés par le service national de la planification et des statistiques, que le taux d’admission différencié entre les différentes régions reflète le taux de scolarisation des différentes régions du pays. Les résultats suggèrent néanmoins une efficacité plus forte au baccalauréat pour les élèves candidats en Guinée Forestière qui pèsent pour 13% dans les effectifs des candidats pour 20% d’admis sur les cinq années (2011-2014 à 2015-2016).

Les données sur la performance des élèves des lycées privés pouvaient amener à penser que cette performance résulterait du système de calcul des moyennes du baccalauréat (deux fois la moyenne de l’examen plus une fois la moyenne de cours, le tout divisé par trois) qui désavantagerait ceux des lycées publics qui viendraient au baccalauréat avec des moyennes annuelles faibles.

Cependant, les données des résultats du baccalauréat en 2016-2017, qui n’a utilisé que la seule moyenne lors de l’examen du baccalauréat, indiquent que 49% des candidats proviennent des lycées privés, mais ils sont 57% parmi les admis. On peut donc raisonnablement considérer que les élèves des lycées privées sont plus performants que ceux des lycées publics.

Ces résultats suggèrent aussi des particularités qui interrogent. C’est le fait que dans la région de N’Zérékoré, les élèves des écoles publiques sont plus performants que ceux des lycées privés. Par contre, la marge de réussite entre les élèves des lycées publics et ceux privés est faible dans les régions administratives de Conakry, de Kindia et surtout à Faranah. La situation est très différente dans les régions administratives de Kankan, de Mamou et de Labé où les élèves des lycées privés réussissent deux fois plus que ceux des lycées publics.

Enfin, les données du baccalauréat 2016-2017 confirment un taux d’admission plus élevé des Sciences Sociales par rapport aux deux autres options du lycée (Mathématiques et Expérimentales). Les mêmes données indiquent un taux d’admission des élèves des Sciences Sociales des lycées publics plus important que celui des lycées privés. Néanmoins, les mêmes données permettent de constater que les candidats en sciences sociales pèsent pour 51% des inscrits, 26% le sont en séries mathématiques et 21% en sciences expérimentales. Les deux séries de « franco-arabe » pèsent pour 2% des candidats.

Cependant, compte tenu des lacunes constatables dans l’utilisation de la langue française au niveau des étudiants qui proviennent des sciences sociales par rapport à ceux des sciences mathématiques, il est possible que les admissions plus élevées en sciences sociales soient le résultat des lacunes du corps enseignant dans la formulation des sujets d’évaluation et dans la correction des épreuves des examens.

Dans tous les cas, les données sur le niveau de redoublement montrent aussi que les élèves qui proviennent de l’option des « Sciences Sociales » sont plus concernés par ce phénomène que ceux de « Sciences expérimentales » et surtout de ceux qui proviennent des « Sciences Mathématiques ». D’ailleurs, les élèves qui redoublent en sciences mathématiques et en sciences expérimentales s’inscrivent en sciences sociales pour augmenter leur chance d’admission au baccalauréat.

Au regard de ces différentes réalités, on peut présumer que l’admission en plus grand nombre des élèves des sciences sociales serait la combinaison de plusieurs facteurs. Le premier résulterait de la faible capacité des enseignants de sciences sociales à formuler des items d’évaluation, à corriger avec « objectivité » en raison de la nature des sujets proposés qui laisseraient une marge de subjectivité forte pour le correcteur et de l’effet du nombre de candidats sur les correcteurs.

Les données collectées indiquent que les étudiants inscrits dans les universités guinéennes ont eu un parcours scolaire marqué par des redoublements pour presque la totalité d’entre eux (85%). Ces redoublements n’ont pas eu lieu dans les classes intermédiaires (CP 2, CE 2, 7ème, 8ème, 9ème, 11ème et 12ème), mais dans ceux d’examens (CM 2, BEPC) et surtout au Baccalauréat. Dans une telle situation, il n’est pas étonnant d’apprendre que la moyenne d’âge des étudiants guinéens en première année est de 22 ans.

Ces données suggèrent que les évaluations dans les classes intermédiaires sanctionnent faiblement la non maîtrise des enseignements/apprentissages avec des taux d’échecs faibles par rapport à ceux des examens qui les suivent. Ainsi, le taux d’échec à l’entrée en 7ème est le double de celui de la classe qui précède. Si au niveau de l’élémentaire, le niveau de redoublement en CP 2 et CE 2 fait la moitié de celui de la CM 2, la situation au collège et au lycée se caractérise par des niveaux de redoublements extrêmement bas. Il apparaît aussi que le taux d’échec progresse au fur et à mesure que les élèves avancent vers la fin du lycée.

C’est comme si le système éducatif confie aux examens nationaux le soin de procéder aux sélections, alors que les évaluations intermédiaires auraient pu et dû aider à limiter les échecs dans les classes d’examens en assurant des évaluations qui certifient avec objectivité de l’acquisition des habiletés avant les différents examens nationaux.

Les rares élèves qui n’échappent pas à cette logique de redoublement dans les classes intermédiaires (CP 2, CE 2, 7ème, 8ème, 9ème, 11ème et 12ème) sont ceux dont les pères sont des « agriculteurs, pêcheurs, éleveurs » et des élèves dont les pères sont des « commerçants ». Dans une situation pareille, il est possible de penser que les élèves issus des familles de fonctionnaires de l’administration publique et du secteur privé bénéficient d’un traitement de faveur dans les classes intermédiaires pour ne pas redoubler.

Lorsque l’étudiant guinéen en 2016 arrive en première année après plusieurs redoublements et à un âge avancé c’est qu’il a étudié dans les écoles publiques de la Moyenne et de la Haute Guinée. C’est aussi quelqu’un qui a changé de type d’école, passant du lycée public à celui privé et/ou inversement du public pour le privé, et de type d’option en quittant les sciences expérimentales et/ou les sciences mathématiques pour les sciences sociales, et est de sexe masculin.

Ces redoublements qui jalonnent le parcours expliquent-ils le vieillissement des étudiants avant leur arrivée en première année ? L’âge d’inscription en CP 1 pourrait-il l’expliquer ? L’analyse des annuaires du primaire des cinq dernières années indiquent que, pour l’essentiel, les inscriptions au CP 1 se font entre 6 et 7 ans pour plus de 70% des élèves. Les inscriptions les plus tardives entre 9 ans et 10 ans et plus se font, dans une très grande majorité, dans la région forestière et, dans une moindre mesure, dans la région de la Moyenne Guinée.

Ces données sur l’âge de scolarisation croisées avec celles de l’âge en première année permettent de suggérer que le nombre d’étudiants ayant réussi leur parcours scolaire sans aucun redoublement a été surestimé. Il devrait être aux alentours de 10% des effectifs interrogés.

Ces estimations nous semblent confortées par au moins deux raisons, à savoir : (i) il est plus facile d’oublier et/ou d’omettre des redoublements que de se tromper sur sa date naissance ; (ii) plus de la moitié des étudiants rencontrés lors de la collecte des données proviennent des lycées privés. Ce type d’école est plus soucieux de l’âge au moment des inscriptions des élèves que les établissements publics.

Les données des annuaires du service examen du ministère de l’éducation nationale de 2004 à 2016 suggèrent un âge moyen à l’année du baccalauréat de 21 ans et un mois. Cependant, parmi les élèves en terminale, on a 22% qui ont moins de 19 ans (les plus jeunes), 58% ont entre 19 ans et 21 ans et 20% ont, par contre, plus de 21 ans.

En 2016, l’étudiant guinéen se dit satisfait de l’implantation de son université que si celle-ci est dans une zone avec plusieurs voies d’accès. C’est le cas de l’UNC, l’UJN de Kankan, de l’UKAG et de l’ISSEG. Cet étudiant, satisfait de l’implantation de son université, est aussi celui qui est satisfait du niveau de sécurité de son établissement. Les moins satisfaits de l’implantation de leur IES sont ceux de l’ISAG de Dubréka, de Gamal Abdel NASSER et surtout celui de l’université de Labé.

L’étudiant guinéen en 2016 est une personne non satisfaite ni de la qualité des toilettes, ni des équipements sportifs, culturels et pédagogiques de son université. Il n’est pas non plus satisfait de la disponibilité du personnel administratif et de l’aide qu’il reçoit dans le choix des options et informations sur les débouchés des programmes.

Quatre universités (ESTH, Sonfonia, Labé, UGAN et surtout l’UJN de Kankan) se caractérisent par des toilettes qui ne seraient pas propres selon les étudiants. Les toilettes les plus propres se rencontrent à l’UNC et un peu à l’UKAG, à l’ISSEG et à N’Zérékoré.

Les équipements culturels (café, cyber, etc.) ne semblent exister et/ou avoir de la qualité qu’à Koffi ANNAN et, dans une moindre mesure, à l’UNC. C’est à l’ISSEG et à l’universitaire de Kindia que l’on rencontre une majorité des étudiants qui se dit « Très satisfait » de la disponibilité du personnel administratif.

L’étudiant guinéen en 2016 n’est ni satisfait de la qualité des enseignants, ni de leurs enseignements. Il n’est pas aussi satisfait de l’honnêteté des enseignants de son programme, sauf s’il étudie à l’ISSEG et, dans une moindre mesure, à l’UJNK de Kankan et à l’UNC. Les universités de Sonfonia, de l’UGAN et surtout de l’ESTH et du de l’université de N’Zérékoré ont les mauvais scores sur la qualité des enseignants et sur la qualité des enseignements de ces enseignants.

En plus, les étudiants rencontrés ont des doutes sérieux sur le niveau d’honnêteté des enseignants du système universitaire à l’exception notable de l’ISSEG et, à l’université de Kindia, à l’ISAG de Dubréka et à l’UNC avec des scores plus proches de la moitié des étudiants. Les cas les plus fâcheux sont ceux de l’Université de Sonfonia, de l’UGAN, de l’ESTH et, dans une moindre mesure, Labé, de l’UKAG et surtout de N’Zérékoré dans laquelle les étudiants considèrent que non seulement leurs enseignants et leurs enseignements ne sont pas de qualité, mais aussi que les enseignants ne sont pas honnêtes. Enfin, l’étudiant guinéen de 2016 trouve aussi que ses enseignants sont peu disponibles à l’exception notable de celui qui étudie à l’UNC, au à l’université de Kindia et surtout à l’ISSEG

Par contre, l’étudiant guinéen en 2016 est satisfait de l’organisation et de la gestion des évaluations à l’exception de trois universités. Il s’agit de l’ESTH, de l’UGAN et de Sonfonia. Tous les étudiants sont satisfaits de leur emploi de temps (nombre de jours de cours et nombre d’heures de cours). Cette satisfaction du nombre de jours de cours pourrait provenir du fait qu’ils ont, en général, trois jours de cours par semaine pour 18 heures en moyenne, sauf s’ils étudient à l’UGAN et dans les centres universitaires de Labé et de N’Zérékoré où le nombre de jours est de l’ordre de 5 à 6 jours par semaine.

Un étudiant guinéen sur deux en 2016 est assidu en classe. Lorsqu’il ne l’est pas, c’est qu’il compte utiliser les notes de cours de ses camarades de classe, des documents en lieu et place des enseignements des enseignants ou tout simplement parce qu’il ne souhaite pas aller en classe.

L’étudiant guinéen en 2016 révise entre une à trois heures par semaine. Lorsqu’il fait plus que ce temps, il étudie en MIAGE ou en Génie. L’étudiant guinéen en 2016 qui révise le fait tôt le matin sous le toit familial (dans sa chambre ou à un autre endroit de son lieu d’habitation). S’il révise dans son campus, alors il étudie à l’UKAG ou à l’ISSEG.

Un étudiant sur deux en 2016 fréquente la bibliothèque de son université, mais de façon épisodique (pas plus d’un jour dans la semaine) en raison du nombre de places assises limitées et de l’insuffisance de la documentation disponible.

L’étudiant guinéen en 2016 possède, par devers lui, entre un et dix livres au maximum. Pour compléter cette documentation personnelle, il photocopie des notes de cours et des parties d’ouvrages.

Un peu plus d’un étudiant guinéen sur deux en 2016 sait utiliser l’ordinateur. Celui qui sait l’utiliser se rencontre surtout à l’UKAG et à l’UNC. Celui qui ne sait pas utiliser l’ordinateur se rencontre à l’ESTH, à l’université de Kindia, de N’Zérékoré et à l’ISSEG. De tous les logiciels, le traitement de texte (Word) est réellement celui qu’il sait utiliser.

L’étudiant guinéen en 2016 écoute surtout la radio, regarde moins la TV et lit rarement les journaux et lorsqu’il les lit, il ne les achète pas. Tous les jours, il écoute d’abord et avant tout la radio « Espace », ensuite la radio « RFI », et dans la moindre mesure, la « RTG ». Lorsqu’il décide de se distraire, il le fait en allant voir d’abord un spectacle sportif avant toutes les autres formes de distraction (cinéma, café, restaurant avec les amis, théâtre, discothèque, etc.).

Un étudiant guinéen sur deux en 2016 n’a pas de « copain (e) ». Qu’il en ait ou pas, lors de ses rapports sexuels, il utilise régulièrement le préservatif. Si c’est une étudiante, elle n’imposera pas systématiquement l’utilisation du préservatif, car elle a une tendance prononcée à avoir confiance en la fidélité de son partenaire.

L’étudiant guinéen en 2016 est une personne bénéficiaire de la bourse d’études et d’entretien de l’Etat et qui bénéficie aussi d’une aide financière parentale périodique. Cet étudiant exerce très peu une activité rémunérée. Celui qui exerce une activité rémunérée le fait dans le commerce, l’enseignement, le « taxi-moto » et la gestion des « télé-centres ». Le revenu tiré de l’aide de l’Etat et parentale est utilisé sur des postes de dépenses éclatés. D’abord pour payer son transport, des livres et des photocopies, de la nourriture, des vêtements, son logement et ses loisirs. Voilà le portrait de l’étudiant guinéen en 2016.

ÉTAT DES LIEUX ET CONTEXTUALISATION DE LA QUESTION

En août 1959, soit un an à peine après l’accession du pays à l’indépendance, les nouvelles autorités de la Guinée ont lancé la première réforme du système éducatif. Cette première réforme se caractérisait, entre autre, par la volonté de doter le pays d’un personnel de haut niveau censé prendre la place des agents de l’administration coloniale.

C’est dans cette optique qu’est créée la première institution d’enseignement supérieur de la République de Guinée en 1962, sous le nom d’Institut Polytechnique de Conakry, en abrégé (IPC). Envisagée dans le cadre du premier plan triennal de développement économique et social du pays (1960-1963) avec une projection de 1 500 étudiants, cette structure a ouvert les portes avec 47 inscrits.

Progressivement, l’offre de formation va se diversifier avec des formations dans les sciences sociales, les sciences économiques, les sciences naturelles et enfin la médecine. A l’institut de formation des ingénieurs seront greffés l’Institut Pédagogique Supérieur et une École Nationale d’Administration. Cette dernière devient, par la suite, École Supérieure d’Administration qui, elle même se transforme par après en faculté des Sciences Administratives et Juridiques en 1977 pour devenir ensuite, la faculté de Droit et des Sciences Economiques dans les années 1980.

De 1966 à 1976, plusieurs facultés ont vu le jour au sein de l’Institut Polytechnique, notamment celles de chimie et d’électrotechnique en 1966, de médecine et de pharmacie, de mécanique, et une faculté de biologie.

En 1969, fut créée la seconde université, celle de Kankan. A partir de 1980, l’on assiste à un accroissement significatif du nombre d’établissements d’enseignement supérieur avec plus spécifiquement des facultés agronomiques et zootechniques. Ces fameuses facultés avaient été implantées au sein de chaque territoire géopolitique correspondant aujourd’hui à une préfecture du pays.

Avec le changement de régime intervenu en 1984, les facultés agronomiques ont été fermées et remplacées par un Institut, à savoir : l’Institut Supérieur Agronomique et Vétérinaire de Faranah.

L’Institut Polytechnique de Conakry (Gamal Abdel Nasser) et l’Institut Polytechnique de Kankan sont, de leur côté, érigés en universités et prennent respectivement les dénominations d’Université Gamal Abdel Nasser de Conakry et d’Université Julius Nyerere de Kankan en 1989. Ainsi, jusqu’au début des années 2 000, la Guinée ne comptait que cinq institutions d’enseignement supérieur publiques, à savoir :

1) Deux Universités (les Universités de Conakry et de Kankan) ;

2) Trois Instituts (l’Institut Supérieur Agronomique et Vétérinaire de Faranah, l’Institut Supérieur des Mines et Géologie de Boké[1] et l’Ecole Normale Supérieure de Manéah, devenue plus tard Institut Supérieur des Sciences de l’Education de Guinée).

En 2005, une autre institution voit le jour (l’université de Sonfonia). Elle regroupe sur le même site les facultés des humanités (sciences sociales, lettres, sciences juridiques, politiques et les sciences économiques).

En 2016, les institutions publiques d’enseignement supérieur sont au nombre de 17 dont 10 installées en dehors de Conakry et dans les capitales des régions administratives du pays, à l’exception de celles installées à Dubréka, à Coyah (Kountia) et à Dalaba[2]. Ce réseau comprend six institutions publiques d’enseignement supérieur avec le statut d’université : Gamal Abdel Nasser, Général Lansana Conté de Sonfonia, Kankan, Kindia, Labé et N’Zérékoré), une école supérieure et dix instituts supérieurs, dont un de formation à distance.

En plus, le pays compte aussi 41 institutions privées d’enseignement supérieur qui accueillent des étudiants boursiers de l’Etat dont trente-cinq d’entre elles sont situées à Conakry et une vingtaine qui possède des agréments, mais pas encore d’étudiants boursiers de l’Etat.

Ces institutions d’enseignement supérieur privé ont commencé timidement à partir des années 2000 avec une université autorisée, puis une seconde l’année suivante. Entre 2006 et 2008, elles atteindront une dizaine avec des étudiants orientés par les services de l’Etat avec un financement du budget national.

Dans ces structures universitaires privées et publiques, 79 programmes d’enseignement sont offerts et sont souvent ceux élaborés au sein des universités publiques lors du passage au LMD en 2007. Les autres sont proposés par les universités privées.

Dans le détail, les effectifs des étudiants au niveau du premier cycle dans le système universitaire guinéen a débuté avec 47 étudiants en 1962 lors du recrutement de la première cohorte de l’Institut Polytechnique.

Ces étudiants de l’Université de Conakry atteindront le millier dans les années 80 (1 169 en 1982-83 et 1 316 en 1983-84). Ils seront 3 554 en 1985-86 et 4 225 dans les années 90. En 1994, les effectifs passeront de 1 169 en 1982-83 à 6 102 en 1995 et 7 000 une année plus tard. Avec l’ouverture des facultés d’agronomie dans toutes les préfectures du pays, les effectifs atteindront 20 000 étudiants en 1980. Les réformes engagées après 1984 ont permis de les stabiliser à 11.000 étudiants pour l’ensemble des institutions d’enseignement supérieur du pays avec 60% des effectifs qui provenaient desdites facultés agronoimiques (KAYEMBE et TALL, 1999).

Face à l’accroissement des effectifs, plusieurs mesures avaient été prises pour les canaliser. Par exemple, à partir de 1972, l’accès aux Institutions d’Enseignement Supérieur (les Universités de Conakry et de Kankan) se doublait d’un système de concours dit « d’orientation » qui déterminait l’option dans laquelle l’admis devrait suivre son cursus[3].

A partir de 1973, le concours d’orientation[4] est devenu celui de la sélection, c’est-à-dire que le baccalauréat, seconde partie, permettait d’accéder au premier degré du système universitaire (baccalauréat plus 2 ans) et un concours laissait passer au second degré les plus performants (trois ans de plus),

Le premier degré de deux ans, avant d’être de trois ans, était une barrière de sélection qui devait réduire le flux vers le diplôme supérieur, en l’occurrence le « diplôme de fin d’études supérieures » (DES).

A partir des années 90, le concours a été ramené au niveau du second baccalauréat avant d’être supprimé en 2006.

Avec la suppression du concours d’accès à l’enseignement supérieur[5] en 2006, les effectifs de l’enseignement supérieur sur la période allant de 2001 à 2006 vont tripler en passant de 13 500 à 42 711 avec une progression annuelle moyenne de 26%. Ces résultats relèvent essentiellement du secteur public qui totalise une part croissante des effectifs atteignant près de 95% en 2006 (Conférence des Recteurs et Directeurs Généraux, 2015).

Durant l’année universitaire 2010-2011, 77 049 étudiants ont été déclarés dans les 17 (dix-sept) IES publiques au nombre desquels on dénombre 17 858 filles et 1 257 étudiants étrangers.

Les IES privées ne comptaient, jusqu’en 2006, que 5,6% des effectifs. Mais à partir de 2006, avec la mesure prise de prendre en charge les coûts de formation de tous les étudiants inscrits dans les IES privées, les effectifs vont d’abord doubler à 10,5%, puis à 25,05% en 2016.

Au total, au terme de l’année universitaire 2015-2016, la Guinée comptait, selon le Document de Politique et de Stratégie de Développement de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche (2013), dans les 17 institutions d’enseignement supérieures publiques 103 192 étudiants et celles privées au nombre de 41 un peu plus de 26 143 étudiants.

Cependant, les données de la biométrie[6] des étudiants et des enseignants de l’enseignement supérieur indiquent 21 757 et 6 540 étudiants non boursiers, soit un total général de 28 297 étudiants dans les universités privées en 2016-2017. Dans cet effectif, il y a 6 347 étudiants qui ont terminé parmi les boursiers de l’Etat et 679 parmi les non boursiers, soit un total de 7 026 diplômés. Sur cette base, il est possible de dire qu’il y a dans les universités privées 15 404 étudiants boursiers de l’Etat et 5 861 étudiants non boursiers à la date du 6 novembre 2017.

Dans les universités publiques, y compris les écoles professionnelles de type B qui recrutent les titulaires du Baccalauréat, la biométrie donne le chiffre de 47 397 étudiants boursiers de l’Etat et 1 773 non boursiers, soit un total général de 49 170 étudiants. De cet effectif, il y a eu au compte de l’année universitaire 2016-2017, 15 985 diplômés, soit une réduction des effectifs à 33 185 étudiants.

Avec les bacheliers de cette année au nombre de 23 227, les effectifs des universités publiques sont de 56 412 étudiants. Si l’on y ajoute les boursiers de l’Etat dans les universités privées, on a un effectif à la charge de l’Etat de 77 677 étudiants. Ce chiffre est largement en dessous du nombre de 110 000 étudiants que l’on annonçait dans tous les documents et que le budget de l’Etat payait. Il est donc possible de considérer que la biométrie a permis de dégraisser l’équivalent de 32 323 étudiants qui bénéficiaient pour certains de bourses d’entretien et d’études (ceux des universités publiques) et pour d’autres, des bourses d’entretien (ceux des universités privées).

L’offre éducative dans les études avancées (Master et Doctorat) concerne une trentaine de programmes de master, une dizaine de programmes de spécialité en médecine, pharmacie et odontostomatologie et quelques programmes de doctorat. Ces programmes sont offerts surtout dans les institutions publiques d’enseignement supérieur et dans quelques universités privées avec des effectifs réduits.

Les données sur les Masters offerts par le système universitaire guinéen indiquent des inscriptions limitées et surtout des taux de performance faibles avec une moyenne de 20% des inscrits qui obtiennent leur diplôme, même cinq ans après leur formation théorique. Cette situation s’explique, en grande partie, par le mode de recrutement des candidats dans les différents Masters. En effet, ces Masters sont payants avec des coûts élevés et recrutent sur la base de la capacité de payer et non sur l’aptitude à faire des études avancées avec des recrutements irréguliers.

Lorsque les candidats ne sont pas suffisants pour générer des ressources financières pour couvrir les charges de formation et de marge bénéficiaire pour les universités qui les ouvrent, les Masters ne recrutent pas, car les Masters sont payants et coûtent pour les deux ans, en fonction des disciplines, de 15 000 000 GNF à 30 000 000 GNF par personne inscrite.

En dépit de la création de plusieurs écoles doctorales tant à Sonfonia, Gamal Abdel Nasser qu’au CERESCOR, les rares programmes existants pour ce diplôme sont peu efficaces. Il a fallu, par exemple, en lieu et place des 3 ou 4 ans du règlement des études avancées, 7 ans pour avoir les deux premières soutenances dans la première cohorte en sciences sociales de l’Université de Sonfonia.

Cinquante huit ans après l’ouverture de la première université, vingt ans après la multiplication des universités publiques et la prolifération des universités privées, des questions surgissent et s’imposent : cet accroissement des effectifs dans les Universités guinéennes a-t-il profité aux enfants des catégories socioprofessionnelles (agriculteurs, éleveurs, pêcheurs, ouvriers et artisans) les moins favorisées ? En réalité qui accède à l’université guinéenne ? Qui sont-ils (origine familiale, parcours scolaire, connaissance du système universitaire, motivation, maîtrise de la langue française et des outils informatiques, etc.) ? Comment les étudiants guinéens vivent-ils leur vie estudiantine ? Quelles sont leurs conditions de vie (gestion de leur pécule, de leur budget-temps, etc.).

Cette interrogation est l’objet de la présente recherche. Nous concédons qu’elle n’est pas originale. En effet, la sociologie depuis ses fondements au 19ème Siècle fait de l’analyse de la mobilité sociale une composante essentielle de sa réflexion. La sociologie de l’éducation a d’ailleurs démontré que l’école n’est pas « neutre », qu’elle participe, comme instrument de domination, à la reproduction des inégalités sociétales.

L’objectif principal de la présente étude est de dévoiler le profil, la vie et les activités estudiantines des étudiants guinéens en 2016. De façon spécifique, la présente étude tente de :

1) brosser le portrait de l’étudiant guinéen en 2016-2017 à travers ses caractéristiques sociodémographiques, son parcours scolaire, sa performance académique et son ouverture aux nouvelles technologies d’information et de communication ;

2) cerner la situation économique de l’étudiant guinéen tant par la prise en compte de l’accompagnement de l’Etat que de celui de sa famille ;

3) décomposer la gestion du temps et des ressources économiques de l’étudiant guinéen afin d’évaluer ses effets sur sa performance académique.

Ce rapport présente les résultats de cette 1ère enquête[7] sur le « parcours scolaire, les conditions d’études, de vie et de travail des étudiants guinéens» auprès d’un échantillon représentatif d’étudiants inscrits, au titre de l’année universitaire 2015-2016 dans onze[8] des établissements d’enseignement supérieur guinéens en 2015-2016.

Entre mars et juin 2016, plus de 5 062 étudiants sur les 5 500 étudiants ciblés ont répondu au questionnaire, soit un taux de réponse de l’ordre de 92%. Pour garantir une meilleure représentativité des étudiants en fonction du niveau, du programme d’inscription et du genre à l’intérieur de chaque institution, le nombre de répondants par institution a été pondéré en fonction de trois paramètres (le niveau d’étude, le programme et le genre) sur la base d’un échantillon par quota.

Pour enquêter ces étudiants, l’instrument de recherche utilisé a été l’enquête par questionnaire entendu que celle-ci consiste à « susciter un ensemble de discours individuels, à les interpréter et à les généraliser » (TRUDEL et ANTONIUS, 1991). Les théoriciens de l’enquête par questionnaire s’accordent pour admettre qu’avec cet instrument ce ne sont pas les individus dans ce qu’ils ont de personnel qui intéresse, mais les possibilités de tirer de ce qu’ils disent des conclusions plus larges. Cette interrogation porte sur des vastes unités (population nombreuse) qui sont représentées par un petit groupe (échantillon).

Dans le cadre de la présente recherche, et dans l’impossibilité d’accéder à la liste exhaustive des étudiants (base de sondage[9]) de toutes les universités privées et publiques a conduit à utiliser l’échantillon par quota et du temps limité et des ressources minimes, nous avons utilisé l’échantillon par quota qui est une composante des échantillons non probabilistes.

L’échantillon par quota est un type d’échantillon où « la probabilité qu’un élément d’une population soit choisi pour faire partie de l’échantillon n’est pas connue et qui ne permet pas d’estimer le degré de représentativité de l’échantillon ainsi constitué » (ANGERS, 1992, 101). Dans ce type d’échantillonnage, ANGERS (1992 : 101) précise que « la probabilité qu’un élément d’une population donnée soit choisi n’est pas connue et il est impossible de savoir si chacun a au départ une chance égale ou non d’être sélectionné pour faire partie de l’échantillon. Si l’échantillon ainsi constitué peut être représentatif, son degré de représentativité ne peut toutefois pas être évalué », même si les données collectées restent valables et pertinentes.

L’échantillonnage par quota repose sur le principe de reproduction, le plus fidèlement possible, de la population étudiée en tenant compte de sa composition en catégories sociales et de l’effectif partiel de chacune de ces catégories. Ce qui signifie que l’échantillonnage par quotas suppose le choix d’individus ou d’éléments sur la base que ceux-ci présentent certaines caractéristiques présentes dans la population mère et qu’ils permettent ainsi de reproduire un portrait qui reflète ces mêmes caractéristiques.

Dans le cas du quota, il s’agit de constituer un modèle réduit de la population, en tenant compte d’un nombre restreint de caractères principaux (pas plus de cinq). Chaque enquêteur devra interroger les individus qui correspondent aux caractéristiques retenues et uniquement celles qui correspondent à ces caractéristiques.

Dans le cas concret de cette recherche, les données disponibles auprès des services de scolarité des universités (Sonfonia, Gamal Abdel Nasser, Julius Nyéréré de Kankan, les Centres universitaires de Labé, Kindia et N’Zérékoré, l’Ecole Supérieure de Tourisme et de l’Hôtellerie, l’Institut Supérieur des Sciences de l’Education et l’Institut Supérieur des Arts de Guinée) et deux des universités privées qui ont les plus gros effectifs (Université Koffi Annan de Guinée et Université Nongo de Conakry) ont été utilisées pour constituer l’échantillon.

Sur la base des données statistiques des effectifs globaux, par niveau (L1 à M2), par programme et par genre (hommes et femmes), un système de pondération a été mis en place pour permettre d’avoir une représentation proportionnelle à chacune de ces variables. Cette opération a permis d’avoir le tableau suivant :

Tableau projection

Cette procédure de tirage de l’échantillon, selon des normes pondérées pour chaque niveau, programme, sexe à l’intérieur de chaque institution, devrait permettre de garantir une meilleure représentativité de l’échantillon et d’éliminer les biais associés aux poids de certaines institutions par rapport à d’autres.

Sur un effectif communiqué de 57 582 étudiants par les services de scolarité de 11 universités (9 publiques et 2 privées), la taille de l’échantillon était d’interroger 10% de cet effectif. Les 10% donnent sensiblement 5 483 répartis proportionnellement aux poids et aux paramètres (sexe, programme, niveau) des effectifs déclarés.

Tableau 2 : Répartition du quota tel que collecté par les enquêteurs.

Tableau 2

Au terme de la collecte des données, l’échantillon effectivement touché a été de 5 061 étudiants (avec une déperdition de 422 étudiants ciblés et non enquêtés en raison des difficultés d’accès aux étudiants de Koffi Annan, de l’UNC et de ceux de N’Zérékoré).

En fait, sur la base des effectifs réels des 11 IES, ressortis par les opérations de la biométrie des étudiants, cette étude a interrogé 12% et non 10% des étudiants. En effet, la biométrie indique plutôt 42 744 étudiants pour les 11 universités répartis ainsi que suit : N’Zérékoré=1 666 ; Labé=1 820 ; Kindia=5 411 ; ISAG=402 ; UNJK=7 147 ; U Sonfonia=13 312 ; UGAN=9 345 ; ISSEG=1 704 ; UNC=4 516 ; UKAC=4131

La base de calcul de l’échantillon projeté permettait d’estimer une représentation des filles de l’ordre de 27%. Cet objectif a été largement atteint lors de la collecte des données avec 28% de filles dans l’échantillon final. Cependant, un rapide coup d’oeil sur le tableau montre une concentration des filles dans trois institutions universitaires que sont : l’Ecole Supérieure du Tourisme et de l’Hôtellerie, dans les deux universités privées (Université Koffi Annan de Guinée et Université Nongo Conakry) et dans une moindre mesure à l’Institut Supérieur des Arts de Guinée.

Dans l’ensemble, il est possible d’estimer que l’échantillon obtenu du terrain a été conforme à celui projeté. Par exemple, les étudiants de L 1 attendus étaient de 30%, ils ont été de 34% au final. La présence plus régulière de ceux-ci dans les campus et par ricochet la facilité d’accès à eux explique l’atteinte et même le dépassement de ce quota.

Les étudiants de L 2 sont dans l’échantillon final de 26% comme prévu dans les projections. Il a été possible d’avoir 27% des étudiants de L 3 et 6% de ceux de L 4 (surtout à l’ISAG de Dubréka) et 2 des 4% de ceux inscrits dans les Masters.

Le questionnaire de l’enquête « le profil et les conditions de vie et d’étude des étudiants des universités et instituts de Guinée » contient des questions communes à toutes les enquêtes qui portent sur la vie estudiantine. Il aborde les grands thèmes suivants :

  •  Le parcours d’études jusqu’au moment de l’enquête ;
  • Les conditions d’études (sur le lieu d’études, l’environnement universitaire, le système d’enseignement et d’encadrement, les conditions de déplacement, etc.) ;
  • La gestion des temps libres (les loisirs) ;
  • Le logement ;
  • Les ressources et les dépenses ;
  • Le travail rémunéré ;
  • L’alimentation ;
  • Les parents, les proches et les réseaux de relations ;
  • Les relations sexuelles ;
  • Les caractéristiques sociodémographiques (origines sociale et géographique, sexe, âge).

 

Plan de l’étude (Lire le rapport complet RAPPORT SUR LA VIE ÉTUDIANTE_A A BANO BARRY)

CHAPITRE 2 : ÉTUDIANTS CÉLIBATAIRES, VIVANT EN FAMILLE, PROVENANT DE CONAKRY, DES SCIENCES SOCIALES ET DES LYCÉES PRIVES

CHAPITRE 3 : PARCOURS SCOLAIRE AVANT L’UNIVERSITÉ

CHAPITRE 4 : REPRODUCTION DES INÉGALITÉS

CHAPITRE 5 : PERCEPTION DES ÉTUDIANTS DE LEUR ENVIRONNEMENT UNIVERSITAIRE

CHAPITRE 6 : ÉVALUATION DE L’ENCADREMENT ADMINISTRATIF, DES ENSEIGNANTS ET DE LEURS ENSEIGNEMENTS

CHAPITRE 7 : ORGANISATION ET GESTION DU TEMPS DE TRAVAIL

CHAPITRE 8 : CAPITAL CULTUREL, LOISIRS ET VIE SEXUELLE DES ÉTUDIANTS

CHAPITRE 9 : ACTIVITÉS REMUNEREES ET ACCÈS A DES RESSOURCES FINANCIÈRES

CONCLUSION

Cette étude est à son terme. Son objectif était de dresser le « parcours scolaire (redoublement, répétiteur, etc.), les conditions d’études (environnement universitaire, manières d’étudier, de vivre (loisirs, pratiques culturelles et vie sexuelle), de travail (ressources et activités rémunérées) et les caractéristiques familiales des étudiants guinéens (niveau d’instruction et caractéristiques sociodémographiques des parents).

Cette étude cherche à atteindre cet objectif de recherche un demi-siècle après l’ouverture de la première université en Guinée (l’Université Gamal Abdel Nasser) et coïncide avec l’existence d’une vingtaine d’institutions d’enseignement supérieur publiques et d’une cinquantaine d’institutions d’enseignement supérieur privées.

Pour renseigner cet objectif de recherche, la présente étude à interrogé un échantillon représentatif de 5 600 étudiants inscrits dans onze des établissements d’enseignement supérieur guinéens en 2015-2016.

Les données collectées et leurs analyses laissent transparaître une forte tendance au vieillissement quasi-général des étudiants entrant en première année de l’université avec un âge moyen de 22 ans en première année. Ce vieillissement touche davantage les garçons que les filles (une année de moins que les garçons en moyenne), même s’il se dessine la tendance au resserrement des âges entre les deux sexes.

Les données des annuaires du primaire et du secondaire montrent clairement que ce vieillissement ne résulte pas d’une scolarisation tardive, mais plutôt de la multiplicité des redoublements dans les classes d’examen (Certificat d’Etudes Primaire, Brevet d’Etude du Premier Cycle et du Baccalauréat). Le faible redoublement dans les classes intermédiaires avec des redoublements élevés dans celles d’examen est un dysfonctionnement dans le processus d’évaluation avec des enseignements qui laissent au processus national le soin de sanctionner leur faible performance d’enseignement-apprentissage.

Dans ce redoublement global, le cas des élèves des régions de la Moyenne et de la Haute Guinée, surtout ceux qui proviennent des sciences sociales, mérite une attention particulière en raison du niveau élevé du nombre de leur redoublement.

Ce redoublement massif explique aussi la forte présence des étudiants guinéens dans les sciences sociales. Ces données permettent d’estimer qu’une amélioration de l’efficacité des enseignements-apprentissages dans le secondaire guinéen pourrait réduire la tendance des élèves à s’orienter en sciences sociales. En fait, cette orientation massive (50% des effectifs du secondaire) en sciences sociales s’avère être une stratégie pour contourner les risques de redoublement. D’ailleurs les données des admissions au baccalauréat de ces dix dernières années montrent que : « la proportion des bacheliers du profil sciences sociales orientés en 1ère année a varié du quart des admis en 2005 aux trois quarts des admis en 2011 (un pic a été atteint en 2011 avec 77% des admis qui provenaient des Sciences Sociales) ».

Ce vieillissement des élèves qui résulte du redoublement est un indicateur de la faible efficience du système éducatif, en particulier de la faible capacité professionnelle des enseignants, de l’insuffisance du matériel pédagogique et des méthodes d’enseignement/apprentissage. Les implications de ce vieillissement des futurs diplômés de l’enseignement supérieur sont lourdes pour le pays en termes d’employabilité.

Cette étude confirme des études antérieures menées dans d’autres pays sur le bénéfice de l’instruction de la femme sur la réussite de ses enfants. La présente étude montre ce lien et devrait encourager l’Etat et les partenaires techniques et financiers a redoublé d’efforts dans cette direction.

A l’intérieur des universités, les données collectées auprès des étudiants enquêtés indiquent un niveau de satisfaction faible par rapport à la facilité d’accès, le sentiment de sécurité, la propreté des toilettes, la qualité des équipements sportifs, culturels (café, cyber, etc.) et pédagogiques (laboratoires, salles d’informatiques, etc.).

Les désagréments des étudiants ne portent pas seulement sur l’environnement physique, ils portent aussi sur la disponibilité du personnel administratif, l’aide à l’orientation dans le choix des options et l’information sur les débouchés.

En fait, on peut dire, à la place des étudiants, que les universités publiques et privées ne sont ni attrayantes par leur environnement physique ni par l’offre de services du personnel administratif. Dans une telle situation, on peut présumer qu’une inscription ouverte et compétitive disqualifierait plusieurs des universités auprès des bacheliers.

Le plus inquiétant dans les données est le fait que les étudiants, à l’exception de ceux de l’ISSEG, ne sont ni satisfaits de la qualité du corps enseignant ni de l’honnêteté de celui-ci et en plus, ils ont aussi une faible satisfaction par rapport à la disponibilité de ce corps enseignant. Une telle situation pourrait expliquer la faible assiduité des étudiants aux cours préférant utiliser les pairs et les photocopies en lieu et place des enseignants et de leur enseignement. Mais cette situation pourrait, si elle n’est pas corrigée par une qualification du personnel enseignant, conduire à des réactions qui pourraient remettre en question l’ordre et la tranquillité dans les IES de Guinée. 71

La mise en place de l’Agence Nationale d’Assurance Qualité (l’ANAQ) est appropriée et permettra de réguler le système universitaire au regard des données dans la mise en oeuvre des programmes avec les écarts constatés sur le nombre de jours de cours et de volume horaire, même entre des programmes identiques, et la faible utilisation des TD et TP dans l’exécution des dits programmes.

 

NOTES

[1] L’Institut supérieur des mines et de la géologie de Boké est une ancienne faculté de l’Institut Polytechnique de Conakry.

[2] Il s’agit de l’Institut Supérieur des Arts de Guinée (ISAG), de l’Institut Supérieur de l’Information et de la Communication de Kountia (ISIC) et de l’Institut Supérieur des Sciences et Médecine Vétérinaires de Dalaba (ISSMV).

[3] Ce système d’orientation a connu plusieurs variantes, mais reste toujours en vigueur avec les nouvelles modalités de la plateforme d’orientation électronique mise en place depuis quelques années.

[4] Ce concours avec les coûts financiers pour son organisation a aussi été supprimé et remplacé par le système actuel qui a utilisé des fiches d’orientation avant le procédé informatisé implanté en 2015.

[5] Ce concours prolonge celui en vigueur dans le système depuis les années 1972 et était un autre baccalauréat que le sous-système de l’enseignement supérieur pour déterminer ceux qui avaient les compétences pour faire l’enseignement supérieur.

[6] La biométrie est un système d’authentification des personnes. Dans le cas des étudiants et des enseignants de l’enseignement supérieur guinéen la biométrie a utilisée les empreintes digitales, le visage et les autres informations d’identification traditionnelle (date de naissance, lieu de naissance, année d’obtention et PV du baccalauréat et filiation des parents) pour vérifier la présence physique des étudiants dans l’institution.

[7] Cette enquête a été réalisée grâce à un financement de l’auteur de l’étude et un appui du projet « Booster les compétences pour l’Employabilité des Jeunes, BoCEJ » qui a assuré le reprographie des questionnaires et au Master « Espace-temps-société » qui a assuré une partie de la prise en charge des enquêteurs. Une somme modique de l’ordre de 50 000 GNF (4 Euros) a été donnée aux étudiants inscrits dans le Master « Espace-Temps et Société » qui a permis de payer leur transport pour assurer la collecte des données dans les institutions d’enseignement supérieur de la capitale. L’auteur de l’étude a assuré la prise en charge des coûts de transport et de séjour (200 Euros) pour la collecte des données dans les universités privées et à l’intérieur du pays (Kankan, Labé et N’Zérékoré).

[8] Il s’agit des plus anciennes (Université de Conakry, de Kankan et de l’ISSEG), celles qui ont les plus gros effectifs d’étudiants (Sonfonia, Tourisme), celles qui sont implantées dans les capitales des régions naturelles (Centres universitaires de Kindia, de Labé et de N’Zérékoré), de l’Institut supérieur des Arts de Guinée de Dubréka et des deux universités privées qui ont les plus grands effectifs d’étudiants dans le privé (Université Nongo Conakry, UNC et Université Koffi Annan de Guinée, UKAG).

[9] Liste exhaustive et à jour de la population mère, c’est-à-dire la liste exhaustive des étudiants de toutes les universités privées et publiques.

 

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Pour citer cet article

BARRY, Alpha Amadou Bano, « Parcours scolaire, conditions d’études, de vie et de travail des étudiants guinéens (étudiantes, étudiants de Guinée, qui êtes-vous ?) », Conakry, 2018. URL : https://afriquesociologie.com/2018/05/31/le-portrait-de-letudiant-guineen/

 

La photo d’illustration est un choix de la rédaction de www.afriquesociologie.com

Tél. +33 984290729 Paris (France)

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