Afrique : les difficultés additionnelles dans l’accès à l’éducation


« Reconnue comme un droit universel pour tout individu et comme un élément essentiel du développement économique et social des nations, l’éducation apparaît comme un enjeu fondamental pour l’avenir de l’Afrique. »

Cette publication de l’Agence Française du Développement (AFD), l’Agence universitaire de la Francophonie (AUF), la société Orange et l’Organisation des Nations Unies pour l’Éducation, la Science et la Culture (UNESCO) intitulée ‘’Le numérique au service de l’éducation en Afrique’’ « s’appuie sur les conclusions d’un groupe de réflexion rassemblant représentants des agences de développement, organismes internationaux, ONG, entreprises du secteur des TIC et de l’édition, qui s’est réuni sous des formats divers ces dernières années pour réfléchir au potentiel des technologies de l’information et de la communication (TIC) dans l’amélioration de la qualité de l’éducation de base en Afrique. »

La rédaction de www.afriquesociologie.com  vous propose un extrait.

Ecolier

1/ Les instabilités politiques comme frein à l’éducation

La majorité des populations non scolarisées se trouvent dans des pays en conflit ou dont la gouvernance est très fragile. Lors du Forum de Dakar, les 181 pays signataires du Cadre d’action de Dakar ont identifié les conflits armés, mais également les instabilités internes au pays, comme « un obstacle majeur à la réalisation de l’Éducation pour tous (EPT) » –l’éducation étant l’un des secteurs qui pâtit le plus des effets des conflits armés et des instabilités politiques. Dans le rapport de suivi sur l’EPT de 2011, l’UNESCO rappelle ainsi que les pays touchés par un conflit enregistrent un taux brut de scolarisation dans le secondaire près de 30 % plus faible que dans les pays en paix à revenu équivalent. Les conflits ont également un impact sur l’alphabétisation des populations. À l’échelle mondiale, le taux d’alphabétisation des adultes dans les pays touchés par un conflit était de 69% en 2010 contre 85 % dans les pays en paix. Vingt États d’Afrique subsaharienne ont été ainsi touchés par un conflit depuis 1999 (UNESCO, 2011). Les pays touchés par un conflit armé, tels que la Somalie et la République démocratique du Congo, sont les plus éloignés de l’atteinte des objectifs de l’EPT et regroupent la majorité des populations non scolarisées d’Afrique subsaharienne. En République démocratique du Congo, dans le Nord Kivu, région particulièrement touchée par les conflits par exemple, la probabilité que les jeunes âgés de 17 à 22 ans n’aient suivi que deux ans de scolarité est deux fois plus forte qu’à l’échelle nationale.

 

2/ La marginalisation des populations pauvres 

En Afrique subsaharienne, vivre en zone rurale reste un obstacle supplémentaire pour accéder à l’éducation: il y est plus difficile de recruter et de retenir des enseignants ; les questions logistiques rendent la construction et la maintenance des écoles difficiles; les conditions de vie y sont plus précaires et la pression pour faire participer les enfants aux travaux domestiques ou agricoles est très forte.

En Éthiopie, plus de 30 % des enfants ruraux n’ont jamais été à l’école en 2011, alors qu’ils ne sont que 10 % dans les milieux urbains.

Au sein des communautés rurales, les enfants les plus touchés par ce phénomène sont les jeunes filles pauvres qui sont près de 45 % à ne jamais avoir fréquenté l’école contre à peine 8 % pour les garçons les plus riches. Par ailleurs, les enfants vivant en zones rurales qui réussissent à suivre un cursus scolaire enregistrent, en moyenne, des performances inférieures à ceux des zones urbaines, principalement en langues et en mathématiques.

Cet écart peut notamment s’expliquer par l’analphabétisme des parents et la   propension des enfants de zones rurales à participer aux travaux domestiques et agricoles sur une partie des heures normalement dévolues aux enseignements.

Cours sous un arbre

3/ Des inégalités persistantes entre garçons et filles

La parité entre les sexes dans l’éducation est encore loin d’être atteinte en Afrique subsaharienne où 54 % des enfants non scolarisés sont des filles et où plus de 60 % de la population analphabète sont des femmes. Cette observation concerne autant les élèves que les enseignantes, lesquelles sont sous-représentées dans les établissements. Parmi les 17 pays ayant le plus faible Indice de parité entre les sexes (IPS) en 2010 dans l’enseignement primaire (IPS inférieur à 0,90), 12 se situaient en Afrique subsaharienne. De plus, si la région connaît une parité entre les sexes en constante progression depuis 1999 dans l’enseignement primaire, elle stagne dans l’enseignement secondaire.

Les disparités entre les pays sont également importantes. Le Burundi, la Gambie, la Ghana et l’Ouganda ont ainsi atteint l’IPS entre 1990 et 2010, et l’Éthiopie et le Sénégal ont fait des progrès considérables au cours des dix dernières années. À l’inverse, les inégalités entre les sexes dans l’éducation se sont accentuées en Angola et en Érythrée (UNESCO, 2012).

Les filles ont en moyenne une scolarité plus courte que les garçons (avec une espérance de vie scolaire de 8,7 ans en 2011, contre 9,9 ans pour les garçons). L’écart entre la durée de scolarité des filles rurales les plus pauvres et celle des garçons urbains les plus riches s’est même creusée entre 2000 et 2010, puisqu’elle est passée de de 6,9 à 8,3 ans. Cette disparité s’explique notamment parce que les filles sont souvent appelées à quitter l’école pour s’occuper du foyer familial ou en raison d’un mariage précoce. De plus, l’absence ou la vétusté des sanitaires mis à disposition des filles est souvent à l’origine du décrochage scolaire d’une partie d’entre elles, puisqu’une fille sur dix en Afrique ne se rend pas à l’école durant sa période menstruelle.

Au-delà du problème de l’alphabétisation et de l’accès à l’éducation, les filles sont rarement traitées sur un pied d’égalité avec les garçons dans le cadre scolaire. Le rapport de suivi de l’EPT 2008 (UNESCO, 2008) révèle ainsi qu’une étude menée dans des écoles rurales au Kenya, au Malawi et au Rwanda a montré que les enseignants ont tendance à être moins exigeants avec leurs élèves filles.

Les représentations sociales véhiculées au sein même de l’école, et à travers les supports pédagogiques jouent également un rôle : au-delà des préjugés sexistes, une seconde étude menée au Cameroun, en Côte d’Ivoire et au Togo, et relayée dans le rapport de l’UNESCO, a mis en lumière le fait que les livres de mathématiques comptaient en moyenne une proportion de personnages féminins inférieure de 30 % à celle des figures masculines.

 

Publication: Savoirs communs N°17 (Lire Rapport complet)

 

www.afriquesociologie.com  Tél. +33 984290729 Paris (France)

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